1761, 8 mars : Jean Potocki naît à Pików au nord-ouest de Vinnytsia en Ukraine. Son père Joseph (1735-1802) a épousé Anne Thérèse Ossolińska (1746-après 1812) en 1760. La famille Potocki est l’une des plus puissantes et des plus anciennes de la noblesse polonaise. Joseph Potocki est frère de Vincent qui épousera Hélène de Ligne. Anne Thérèse Ossolińska avait été proposée en mariage à Stanislas Poniatowski, futur roi de Pologne.

1762 : naissance de Séverin, frère de Jean. Il épousera en 1785 Anna Sapieha (1758-1813).

1767 : Joseph Potocki est nommé écuyer tranchant de la Couronne (krajczy). Il appartient à la délégation des conservateurs envoyée à Catherine II par la Confédération de Radom pour lui demander de détrôner Stanislas Auguste.

Naissance d’Anne Marie, sœur de Jean et de Séverin. Elle épousera en 1793 Jan Krasicki (1765-1841), neveu du poète Ignacy Krasicki.

Vers 1770 : sous la menace des confédérés de Bar, Jean et Séverin sont évacués de Podolie.

1774, janvier : Louis Constançon, pasteur vaudois, arrive à Varsovie et prend en charge l’éducation de Jean et de Séverin.

septembre : les enfants et leur précepteur sont en Suisse où ils resteront jusqu’en automne 1777.

1775 : Anne Thérèse Potocka est à Paris où elle est fêtée par la haute société. Elle devient l’amie de Mme de Genlis.

1778 : les deux frères achèvent leurs études à Vienne, puis ils regagnent Varsovie au printemps.

Revenu à Vienne en octobre, Jean Potocki sert comme officier dans l’armée autrichienne et participe à la guerre de Succession de Bavière (« la guerre des pommes de terre »). Placé ensuite en garnison près de Buda, il occupe le temps par la lecture ; il s’intéresse plus particulièrement à l’histoire. Il demande son congé au bout d’un an, rejoint Malte où il rencontre Joseph de Beauchamp (1752-1801) et part pour l’Afrique. Il suit l’itinéraire du chevalier James Bruce, visite El Djem (entre Sousse et Sfax), passe trois semaines dans l’île de Djerba.

1779 : Jean Potocki visite l’Italie, la Sicile, l’Espagne, le Maroc et Tunis.

Il effectue des recherches en Carniole.

1780 : il devient chevalier de l’Ordre de Malte, obtenant le droit de porter la Crux devotionis[1].

octobre-novembre : il est à Nîmes.

30 novembre : de Bordeaux, il prend la mer pour se rendre à Cadix.

décembre : il navigue le long des côtes de Valence.

Le premier portrait connu de Jean Potocki date de cette période.

1781-1782, janvier : il arrive à Malte pour se faire recevoir dans l’Ordre.

mai 1781-mars 1782 : il voyage en Italie avec son richissime cousin, Stanislas Félix Potocki.

1783, février : il assite à un bal à Vienne donné en l’honneur de l’ambassade du Maroc.

Il effectue des recherches en Hongrie et en Serbie.

1784, 9 avril : il quitte la Pologne et se dirige vers la mer Noire ; il s’embarque au début de mai.

12 mai : il arrive à Constantinople.

juin : il reçoit de Stanislas Auguste l’ordre de Saint-Stanislas.

16 août : il arrive à Alexandrie.

23 août : il est au Caire.

26 septembre : il visite les Pyramides.

8 octobre : il est de retour à Alexandrie.

novembre : il est en quarantaine à Venise.

Il rencontre Stefano Borgia (1731-1804) et Georges Zoega (1755-1809) à Velletri.

1785 : il est en Allemagne.

29 avril : il signe à Varsovie le contrat de mariage avec Julie (1767-1794), fille de la princesse Isabelle Lubomirska et cousine germaine d’Adam Georges Czartoryski (1770-1861).

9 mai : mariage à Wilanów de Jean Potocki et Julie Lubomirska.

26 juillet : il est à Karlsbad avec la princesse Lubomirska et Stanislas Kostka Potocki : il y rencontre Goethe, Herder et Karl Ludwig von Knebel (1744-1834). Trois jours plus tard, il prend la route de Spa, puis poursuit vers Londres ; il revient par la Saxe en Pologne.

hiver : le jeune couple s’installe à Paris où naîtront Alfred (1786-1862) et Arthur (1787-1832).

Jean Potocki fréquente l’abbé Barthélemy et Joseph de Guignes.

1786 : il se rend régulièrement chez Mme de Staël, rue du Bac.

mai : avec Julie, il rejoint la princesse Lubomirska en Italie. Alors que sa belle-mère, puis son épouse repartent pour Paris, il visite la Corse, les îles d’Elbe et de Capraia ; en août, il est à Bagni di Lucca, puis à Milan, et en septembre à Turin ; il correspond avec Angelo Maria Bandini (1726-1800), conservateur de la bibliothèque Medicea Laurenziana à Florence.

À l’aller ou au retour, Julie a rencontré Charles Bonnet (1720-1793) à Genthod, près de Genève.

1787, avril : Jean Potocki est à Paris.

22 juin : avec sa femme, il prend les eaux à Spa. Anne Thérèse et Mme de Genlis les accompagnent.

Les relations de Jean avec la princesse Lubomirska sont rompues.

10 septembre : il est à Anvers et visite pendant un mois la Hollande en révolution.

Il se rend en Angleterre.

Mme de Staël lui reproche ses absences répétées.

décembre : il est de retour à Paris.

1788, janvier : il est à Vienne où il entend dire que la Prusse prépare une invasion de la Pologne ; il part aussitôt pour Varsovie.

18 avril : arrivé à Varsovie depuis peu, il prend l’habit cosaque et s’intéresse à la politique.

20 avril : il part visiter la frontière de la Pologne avec la Prusse.

mai : il signe plusieurs écrits politiques.

13 mai : il s’engage à verser chaque année un cinquième de ses revenus, soit 10800 florins, à la République.

fin mai : il prend la route de l’Ukraine pour rendre visite à Stanislas Félix Potocki, ami de la Russie et chef des conservateurs, et pour être élu sous son influence à la diète dans le palatinat de Bracław, en Ukraine. Il s’arrête à Lublin et y retrouve Séverin.

11 juin : il fait volte-face et prend la direction de la Grande-Pologne.

27 juin : de Poznań, il informe le roi, puis Stanislas Félix Potocki, de son intention de se présenter aux élections en Grande-Pologne, prenant ainsi ses distances par rapport au courant conservateur de sa famille.

18 août : il est élu nonce de Poznanie à la diétine de Środa[2].

Il correspond avec son beau-frère, Ignace Potocki, favorable à l’alliance avec la Prusse.

Il est nommé lieutenant dans le génie.

septembre : il ouvre à Varsovie l’Imprimerie Libre (Drukarnia Wolna) pour laquelle il demande la protection d’Ignace Potocki.

9 novembre : il lance le Journal Hebdomadaire de la Diète.

Il appartient à l’ordre de l’Aigle blanc.

1789, janvier : il se rapproche du roi.

19 février : il s’engage à verser les 10800 florins promis l’année précédente, souhaitant qu’ils servent à l’entretien de trente sapeurs (la somme est remise le 27 mars).

23 mars : il est à Tulczyn en Ukraine chez Stanislas Félix Potocki, puis rentre à Varsovie.

9 août : Tulczyn de nouveau.

2 octobre : il hérite avec Séverin des biens de Joseph et de Vincent Potocki en Ukraine.

novembre : il ouvre une salle de lecture publique à Varsovie et crée un club politique avec 150 membres fondateurs.

Il se rend à Berlin où il rencontre Frédéric-Guillaume II et son oncle, le prince Henri. Peut-être travaille-t-il alors dans les bibliothèques d’Ewald Hertzberg (1725-1795), ministre du roi, et du géographe Anton Friedrich Büsching (1724-1793).

1790, février-juillet : Jean Potocki publie plusieurs articles dans le Journal Hebdomadaire de la Diète.

Il est nommé capitaine dans le génie.

mai : il accompagne Jean-Pierre Blanchard (1753-1809) dans une ascension en ballon au-dessus de Varsovie. Grand succès.

juin : il travaille à ses ouvrages d’histoire.

septembre : il appartient à la cour de la diète établie pour juger Adam Poniński, maréchal de la diète qui avait ratifié le premier partage ; Poniński sera déclaré traître et condamné au bannissement.

octobre : il part subitement pour la France.

4 novembre : Leipzig.

14 novembre : Landau.

20 novembre : à Paris, il rencontre le baron de Staël, ambassadeur de Suède, avec qui il évoque la possibilité d’une candidature suédoise au trône de Pologne ; il rencontre aussi Mirabeau et La Fayette, fréquente les Jacobins, assiste aux débats de l’assemblée nationale.

23 décembre : il est invité par la duchesse de La Rochefoucauld d’Anville.

1791, février : en compagnie de Tadeusz Morski, ambassadeur de Pologne à Madrid, Jean Potocki quitte Paris pour l’Espagne.

13 mars : Bayonne.

23 mars : Burgos.

25 mars : Valladolid.

29 mars : il arrive à Madrid où il passe ses soirées en compagnie de Mohammed Bin-Otman, ambassadeur du Maroc en Espagne : « il me faisait de longs récits dans le goût oriental, et peut-être je les ferai paraître quelque jour. » ; comment ne pas voir ici une source du Manuscrit trouvé à Saragosse ?

mai : Jean Potocki obtient un passeport et voyage en Espagne. Il traverse l’Andalousie, visite Grenade, Cordoue, Séville, Malaga.

2 juillet : il arrive à Tétouan.

22 juillet : Tanger.

31 juillet : Rabat.

2 août : il rencontre l’empereur du Maroc.

13 août : Larache.

17 août : il est de retour à Tanger.

6 septembre : il quitte le Maroc.

7 septembre : il aborde à Cadix.

Il rencontre à Lisbonne David Humphreys (1752-1818), ambassadeur des États-Unis et ami de Washington.

Il se rend en Angleterre.

novembre : il arrive en France.

16 décembre : il quitte Paris en compagnie de Philippe Mazzei, passe par Strasbourg, Francfort, Leipzig.

1792, 7 janvier : il est à Dresde.

Il arrive à Varsovie, après un accident de voiture. Mazzei lui prête beaucoup d’argent.

février-mars : Jean Potocki publie plusieurs articles dans le Journal Hebdomadaire de la Diète.

Il vend l’Imprimerie Libre à Antoni Czarniawski.

29 mai : il propose à la diète un projet de militarisation des Kurpies qui est approuvé.

6 juin : le Journal Hebdomadaire de la Diète cesse de paraître.

juin-juillet : il combat les Russes en Lituanie sous les ordres du général Michał Zabiełło.

Il écrit au roi qu’il renonce à la politique.

septembre : réconcilié avec sa belle-mère, il se rend à Łańcut et écrit pour son théâtre de société.

Il part effectuer des recherches en Podolie.

octobre : il s’installe à Mokotów, près de Varsovie, où il poursuit ses recherches historiques.

Il fait un séjour à Podhorce chez Séverin et Constance Rzewuski.

1793, 19 mars : Jean Potocki joue (médiocrement) Crispin médecin de Hauteroche au théâtre du roi na Zamku avec Joseph Poniatowski entre autres acteurs.

Il est à Vienne et y reçoit 200 ducats de la princesse Lubomirska.

19 novembre : à Lwów, il achète pour 2 600 000 zł. les biens de Séverin en Ukraine, hérités en 1789 de Joseph et de Vincent Potocki.

1794, janvier : il est à Hambourg chez Stanislas Félix Potocki qui lui a prêté de l’argent.

20 avril : il est à Rheinsberg chez Henri de Prusse : il écrit pour la scène du château.

Le Manuscrit trouvé à Saragosse est commencé.

mai : il est à Berlin.

juin : il se rend à Kartzow près de Berlin chez le comte Friedrich von Schmettau (1742-1806) et revient à Rheinsberg.

mi-juillet : il rend visite à Berlin à Ignacy Krasicki qui séjourne depuis quelques semaines dans la capitale prussienne.

13 août : il commence à Strelitz, au nord-est de Rheinsberg, un voyage d’étude qui durera cinq semaines.

15 août : Neubrandenburg.

17 août : Rostock.

24 août : Wismar.

26 août : Hambourg. Mort de Julie Potocka à Cracovie.

9 septembre : Lüneburg.

17 septembre : Boizenburg.

20 octobre : il se rend à Ossolin près de Sandomierz pour des affaires de famille.

1795 : il passe ses soirées avec Klopstock (1724-1803).

18 août : oukase de Catherine II ordonnant que les biens de Jean Potocki lui soient conservés[3].

septembre : il travaille dans la bibliothèque de Wolfenbüttel.

décembre : il est à Brunswick où il fait la connaissance du marquis de La Maisonfort.

1796, mai : travaux à Wolfenbüttel, puis retour à Brunswick.

juillet : de Berlin, il adresse ses ouvrages historiques à Platon Alex. Zoubov (1767-1822) et attire par son intermédiaire l’attention de Catherine II sur ses travaux.

Il part pour Vienne.

octobre : le Mémoire sur un nouveau péryple du Pont-Euxin, où il fait l’éloge de Valerian Alex. Zoubov (1771-1804), est envoyé à Platon Zoubov qui le met sous les yeux de l’impératrice quelques jours avant sa mort.

fin novembre : Jean Potocki quitte Vienne.

décembre : il est à Varsovie d’où il adresse ses vœux et ses ouvrages historiques à Stanislas Auguste Poniatowski.

1797, janvier : il se prépare à retourner en Ukraine.

avril : il est à Moscou, délégué de la noblesse de Bracław pour assister au couronnement de Paul Ier.

16 avril : il est reçu au Kremlin avec deux cents autres délégués.

8 mai : il projette de voyager en Crimée.

27 mai : il quitte Moscou.

Le temps du voyage est occupé par la rédaction d’un journal et des recherches historiques dont les résultats sont communiqués à Stanislas Auguste Poniatowski.

17 juin : il rencontre Valerian Zoubov, de retour de campagne.

21 juin : il arrive à Astrakan.

Il séjourne chez les Kalmouks.

12 octobre : il arrive à Kizliar où il reste trois semaines.

30 novembre : Mozdok.

27 décembre : Georgiïevsk où il est reçu pendant deux mois par Ivan Goudovitch (1741-1820).

1798, 21 mars : Jean Potocki visite les ruines de Madjari.

19 avril : revenu à Georgiïevsk, il reprend sa route vers l’ouest.

28 avril : il arrive à Iekaterinodar.

9 mai : il franchit le détroit de Kertch.

20 juin : à Vienne, Anne Thérèse Potocka cède à ses enfants les biens de son père Joseph Ossoliński.

Jean Potocki effectue des recherches le long de la rivière Molochna en Ukraine.

1799, 1er mai : il signe à Tulczyn le contrat de mariage avec Constance (1781-1852), fille de Stanislas Félix Potocki et de Joséphine Mniszech. Constance reçoit en dot un million de zł.

13 juin : mariage de Jean Potocki et Constance Potocka. De cette union, naîtront André Bernard (1800-1874), Irène (1803-1835) et Thérèse (1805-1868).

décembre : le couple est en Galicie.

1800, 28 avril : par contrat signé à Vienne, Séverin Rzewuski et sa femme, sœur de Julie Potocka, s’engagent à poursuivre le versement annuel de 24000 zł. à Jean Potocki ; cette somme, garantie par le contrat de mariage, avait été versée jusque-là par la princesse Lubomirska.

Il travaille à l’embouchure du Dniestr, en Crimée et sur les bords du Boug.

1802, février : il réside à Tulczyn avec femme et enfant, et projette de retourner à Paris et à Londres.

Il lit des relations de voyages et poursuit ses travaux historiques, mais il décide de s’intéresser à la chronologie de la haute Antiquité.

7 avril : il quitte Tulczyn, accompagné de sa famille.

18 avril : Janow et Uładówka au nord-ouest de Vinnytsia.

3 mai : Pinsk. Entre Ostrog et Lviv, le ménage « jusque là si heureux » a connu son premier orage : Constance voulait divorcer pour suivre son amant.

15 juin : Jean Potocki rencontre « par hasard » à Saint-Pétersbourg Mazzei et le loge chez lui ; il lui rembourse capital et intérêts qu’il lui devait depuis dix ans.

Il est nommé conseiller privé par Alexandre Ier de Russie.

Le projet de voyage à Paris et à Londres ne semble pas avoir été réalisé et Jean Potocki rentre en Ukraine.

1803, avril : il est à Vienne pour régler la succession de son père, mort le 15 décembre précédent.

30 avril : il part pour Łańcut.

10 juin : il vend des quartiers qu’il possédait à Odessa.

septembre : accompagné de Constance et leur fils, de sa mère, de sa sœur avec ses deux fils, Jean Potocki part pour l’Italie.

4 octobre : il est à Rovereto.

novembre : il est élu à la Société des amis de la science de Varsovie (il l’apprendra cinq ans plus tard !).

décembre : il est à Florence où il retrouve La Maisonfort.

1804 : il entretient avec Adam Georges Czartoryski, qui dirige les Affaires étrangères de Russie, une correspondance régulière portant sur la politique méridionale et orientale de l’empire.

Pressé par des ennuis d’argent, il renonce à continuer vers Rome, quitte Florence et se rend à Vienne en passant par Venise.

février-juin : il visite l’Académie des langues orientales de Vienne. Les siens l’ont rejoint.

Portrait de Jean Potocki par Giovanni Batista Lampi.

avril : il projette d’écrire l’histoire ancienne de tous les gouvernements de Russie.

17 décembre : il fait savoir à Alexandre Ier qu’il a préparé le plan d’une académie orientale pour la Russie et lui demande d’être placé au Département asiatique des Affaires étrangères.

23 décembre : le Comité de censure à Saint-Pétersbourg autorise la publication du premier décaméron du Manuscrit trouvé à Saragosse.

1805 : le premier décaméron du Manuscrit trouvé à Saragosse est imprimé à cent exemplaires.

7 janvier : grâce à l’intervention d’Adam Georges Czartoryski, Jean Potocki est nommé au Département asiatique des Affaires étrangères et prête serment dix jours plus tard.

Il souhaite que Constance le rejoigne à Saint-Pétersbourg, mais en eut-elle le temps ? Son père, Stanislas Félix, meurt le 26 mars, ouvrant des conflits successoraux de plusieurs années.

20 janvier : le Comité de censure à Saint-Pétersbourg autorise la publication de la suite du Manuscrit trouvé à Saragosse.

Jean Potocki fait imprimer à Saint-Pétersbourg les journées onze à treize du Manuscrit trouvé à Saragosse.

mai-juin : nommé à la tête de la partie scientifique d’une ambassade envoyée par la Russie vers la Chine, il prend la route de la Sibérie. Il adressera régulièrement de longues lettres d’information à Adam Georges Czartoryski. Il touchera 10000 roubles par an en 1805 et 1806.

21 août : il est à Tomsk.

25 septembre : Irkoutsk.

19 octobre : Kiakhta. Russes et Chinois divergeant sur le nombre de personnes qui entreront en Chine, l’ambassade reste bloquée à la frontière.

décembre : Jean Potocki émet des réserves sur le comportement de l’ambassadeur, Iouriï Alex. Golovkine (1763-1846).

30 décembre : l’ambassade entre enfin en Chine par un froid intense.

1806, janvier : l’ambassade arrive à Ourga. Elle n’ira pas au-delà ; des différends protocolaires opposent les Chinois à Golovkine qui décide de rebrousser chemin. Potocki est furieux.

29 janvier : sur la demande de l’astronome Friedrich Th. Schubert (1758-1825), il est nommé membre honoraire de l’Académie impériale des Sciences.

3 mars : l’ambassade est de retour sur le sol russe.

mars : de la frontière, Jean Potocki demande à l’empereur l’autorisation de rentrer à Saint-Pétersbourg. Il souhaite obtenir un poste de responsabilité au Département asiatique et étudie sur les frontières les conditions du commerce avec l’Orient.

30 mars : il quitte Irkoutsk.

24 avril : de Tomsk, il envoie à Czartoryski le Mémoire sur l’Ambassade en Chine.

26 mai : Omsk.

24 juin : Orenbourg.

Il reçoit de l’empereur l’« ordre verbal » d’écrire ses idées sur un système asiatique.

août : il travaille dans les archives du Collège des Affaires étrangères.

La rédaction du Manuscrit trouvé à Saragosse (version de 1804) se poursuit.

16 octobre : il présente son Système asiatique à l’empereur.

Constance devient la maîtresse d’Octave de Choiseul-Gouffier, époux de sa sœur Victoire.

1807, janvier : Andreï Jakov. Budberg (1750-1812) qui a succédé à Czartoryski aux Affaires étrangères demande à Jean Potocki de prendre la direction du Journal du Nord.

Jusqu’à Tilsit, Potocki écrit plusieurs fois par semaine au ministre pour lui donner sa vision (anti-napoléonienne) de la politique européenne ; en même temps, il sollicite, avec une insistance de plus en plus marquée, un poste de responsabilité dans les affaires turques.

janvier-juillet : il publie plusieurs articles dans le Journal du Nord.

mars : il reçoit l’ordre de faire un rapport sur la mission scientifique en Chine.

août : pressé par des ennuis d’argent, il renvoie femme et enfants en Ukraine.

Il obtient de l’Académie des Sciences une mission dans le Caucase pour Julius von Klaproth, et établit à son intention une liste de vingt-cinq objets de recherche.

18 septembre : il demande ses ordres à Nikolaï Petr. Roumiantsev qui a pris la direction effective des Affaires étrangères ; il renonce au Journal du Nord.

3 octobre : il adresse à Roumiantsev le rapport sur la mission scientifique en Chine, et demande à servir en Turquie. Il fréquente Joseph de Maistre.

novembre : il adresse à Roumiantsev un Mémoire sur l’organisation du Journal du Nord dans lequel il demande un congé de six mois.

16 décembre : les savants de l’ambassade en Chine sont récompensés.

Potocki commence le cinquième décaméron du Manuscrit trouvé à Saragosse et décide de remanier le roman.

1808, 3 février : ayant obtenu un congé de six mois, il quitte Saint-Pétersbourg.

mars : il arrive en Ukraine et travaille à un ouvrage sur la situation géographique de la Russie ; il a l’intention de retourner à Saint-Pétersbourg à la fin de son congé.

Il accorde aux enfants de son deuxième mariage une grande attention qui ne faiblira jamais.

27 avril : il signe avec Constance leur séparation de biens.

22 mai : il visite le lycée de Krzemieniec.

juin : il est à Uładówka.

Il demande une prolongation de son congé.

1809, 30 janvier : divorce de Jean Potocki et de Constance Potocka.

Il entame avec sa nièce Maria Potocka une correspondance qui durera jusqu’en 1811.

avril : le congé de Jean Potocki est prolongé une nouvelle fois. Il passe quelques jours à Tulczyn.

Il travaille sur la chronologie ancienne.

octobre : il se prépare à quitter l’Ukraine pour aller à Saint-Pétersbourg.

Friedrich Adelung (1768-1843) publie à Leipzig une traduction, qui n’a pas été retrouvée, du premier décaméron du Manuscrit trouvé à Saragosse (version de 1804), sous le titre Abentheuer in der Sierra Morena. Aus den Papieren des Grafen von ***.

Jean Potocki prépare une nouvelle version de son roman.

1810, février : de retour à Saint-Pétersbourg, il est invité au palais de l’Ermitage.

avril : il assiste à La Création de Haydn.

juin : il est à Białystok en Lituanie.

Constance part pour la France avec Thérèse.

Le Manuscrit trouvé à Saragosse est récrit jusqu’à la quarante-huitième journée.

juin : Joseph de Maistre réagit vivement aux Principes de chronologie.

août : Jean Potocki demande un congé de six mois, ne pouvant rester éloigné de sa fille.

À la recherche de renseignements sur l’Amérique, il écrit à Thomas Jefferson qui le recommandera à Benjamin Smith Barton (1766-1815).

novembre : il est de retour en Ukraine.

1811, 23 janvier : il se rend à Vilna et demande à Joseph Frank (1771-1842), professeur à l’université de médecine, de l’accompagner à Białystok pour soigner Constance.

mars : il est toujours à Białystok. Guérie, Constance retourne en France.

Il obtient une prolongation de congé indéfinie pour raison de santé.

mai : il est à Tulczyn.

juillet : sans doute rédige-t-il alors la biographie de Stanislas Félix Potocki.

1812, janvier : Tulczyn.

Potocki met lui-même au propre le cinquième décaméron du Manuscrit trouvé à Saragosse (version de 1810).

1813, septembre : il est à Werbka[4].

1814 : en raison de tracasseries causées par la Commission de censure de l’université de Vilna pour l’édition de ses « pauvres » Principes de chronologie, il intervient auprès du ministre de l’Instruction publique.

octobre : il est à Chmielnik au nord-ouest de Vinnytsia.

1815, mars : il achève un ouvrage intitulé Considérations sur la Russie Asiatique[5], et entend terminer ses Journées espagnoles et ses Principes de chronologie.

23 décembre : Jean Potocki met fin à ses jours d’un coup de feu dans le visage. Il est enterré dans le cimetière paroissial de Pików.

1826 : Constance Potocka se remarie avec Edward Raczyński (1786-1845).

1829 : mort de Séverin et d’Anne Marie.

1847 : le Manuscrit trouvé à Saragosse est traduit en polonais par Edmund Chojecki (1822-1899) : Rękopis znaleziony w Saragossie, Leipzig.

1958 : première édition en France (partielle) du Manuscrit trouvé à Saragosse par Roger Caillois.


[1] En 1784, la princesse Lubomirska fera des démarches pour obtenir en faveur de son futur gendre une dispense du tribut qui devait être versé à l’Ordre lorsqu’un chevalier sollicitait la permission de se marier.

[2] Six Potocki furent élus à la diète : les trois frères, Ignace, Stanislas Kostka et Georges, les deux frères, Jean et Séverin, Piotr enfin.

[3] À la suite du deuxième partage, Catherine obligea tous les propriétaires polonais absents de leurs domaines à les vendre. L’oukase du 18 août fut rendu à la demande de Stanislas Félix Potocki qui attestait que pendant toute cette période Jean Potocki était resté avec lui ; ses domaines comptaient seize villages et 4296 âmes dans le district de Vinnytsia.

[4] Il existe au moins trois villages de ce nom en Ukraine ; l’un est à l’ouest de Vinnytsia, sur la Ruda.

[5] Cet ouvrage n’a pas été retrouvé, mais il est probablement le résultat des travaux qu’il poursuivait depuis sa retraite de 1808.

 

 

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